Question : Pourquoi nous confesser à un prêtre quand on peut s’adresser directement à Dieu?
Réponse : Pour répondre à cette question il faut se rappeler ce qu’est le péché et surtout quelles sont ses deux grandes conséquences.
Lorsque je fais le mal, moi qui ai été créé par Dieu pour faire le bien, je m’oppose à Dieu. Le péché est donc avant tout une offense faite à notre Père du ciel. Mais ce n’est pas tout : lorsque je fais le mal, je m’oppose à mon bien véritable, cet acte me blesse donc, un peu comme manger un aliment mauvais me rendrait malade. Mon âme est alors blessée et affaiblie et comme c’est le cas du malade, j’ai de plus en plus de mal à vivre pleinement. Je vis comme un infirme. Cette faiblesse de l’âme si elle n’est pas soignée, peut devenir telle que les actes de charité les plus simples me demandent des efforts immenses et qu’il m’est alors difficile de ne pas tomber plus gravement encore.
- Pour ce qui est de l’offense faite à Dieu, Dieu seul peut la pardonner. A cause de Jésus nous savons que Dieu nous pardonnera toujours si nous lui demandons pardon. Tel est en effet le cœur de Dieu révélé par Jésus. Ainsi donc aussitôt que je me suis relevé de ma faute, je peux, sans aller au confessionnal mais par une humble prière au fond de mon cœur, demander pardon à Dieu en m’appuyant sur la médiation de Jésus Christ. Je sais alors, dans la foi, que Dieu me pardonnera. Il est donc bien vrai que pour avoir le pardon de mes péchés il n’est pas nécessaire d’attendre la confession sacramentelle. L’Eglise qui nous invite à dire le « je confesse à Dieu », au début de la messe, nous apprend à demander ainsi le pardon de Dieu.
- Mais il n’en est pas de même de la blessure infligée à mon cœur par ce péché que pourtant Dieu m’a pardonné. Le pardon de Dieu aussi grand soit-il ne l’a pas pour cela guérie. Le mal en effet a été fait. Il faut donc soigner ce mal pour lui-même. C’est cette guérison que le Seigneur a confiée à son Eglise et que réalise principalement (1) le sacrement de réconciliation et de pénitence. De même que Jésus a bien rendu la vie à Lazare (Jn 11), il a pourtant laissé le soin de délier les bandelettes à ses amis. Ainsi a-t-il laissé à l’Eglise le pouvoir de délier les pécheurs des conséquences spirituelles de leurs péchés pardonnés. Une telle guérison, nous pouvons la ressentir profondément dans notre cœur par la paix et la liberté profondes qu’on retrouve en recevant l’absolution du prêtre : cette expérience est alors pour nous un signe très concret du pardon que Dieu nous accorde en son Fils Jésus Christ.
On le voit le pardon n’est pas la guérison, mais la guérison devient dans le sacrement le signe du don le plus grand : le pardon.
Quant à la nécessité de confesser les péchés pour en obtenir la guérison on la comprend aisément. Un médecin ne peut soigner le mal qu’on lui cache.
Père Marie-Alain
(1) Le sacrement de pénitence n’est pas seul à réaliser cette guérison. La pénitence, comme acte de charité posé en réparation de nos fautes peut, elle aussi réaliser cette guérison. C’est d’ailleurs à cette pénitence réparatrice que ce sacrement a pris son nom traditionnel.